Lemme: Soit \(r\in \mathbb{R}\) et soit \(a_n:=r^n\). Alors \[\lim_{n\rightarrow \infty} a_n \begin{cases} \text{tend vers }+\infty & \text{ si } r\gt 1,\\ =1 & \text{ si } r=1,\\ =0 & \text{ si } -1\lt r\lt 1,\\ \text{n'existe pas } & \text{ si } r\leqslant -1. \end{cases}\]
On considère maintenant la suite \((S_n)_{n\geqslant 0}\) définie par \[\begin{aligned} S_0 &:=1\\ S_1 &:=1+r\\ S_2 &:=1+r+r^2\\ \vdots\\ S_n&:=1+r+r^2+\cdots+r^n\\ \vdots \end{aligned}\]
Théorème: \[\lim_{n\rightarrow \infty} S_n\, \begin{cases} =+\infty \text{ (diverge)}& \text{ si } r\geqslant 1,\\ =\frac{1}{1-r} & \text{ si } -1\lt r\lt 1,\\ \text{n'existe pas } & \text{ si } r\leqslant -1. \end{cases}\]
Sur l'animation suivante, on observe le comportement de la suite \((S_n)_{n\geqslant 0}\), en fonction de \(r\):
Si \(r\geqslant 1\), \(S_n=1+r+r^2+\cdots+r^n\geqslant 1+1+1+\cdots+1=n+1\rightarrow
+\infty\), donc \(S_n\rightarrow +\infty\) par le théorème du chien méchant.
Si \(r\lt 1\), on a
\[\begin{aligned}
S_n&=1+r+r^2+\cdots+r^n\\
rS_n&=r+r^2+r^3+\cdots+r^{n+1},
\end{aligned}\]
et donc \(S_n-rS_n=S_n(1-r)=1-r^{n+1}\). On obtient
\[S_n=\frac{1-r^{n+1}}{1-r}.\]
En vue du lemme précédent, si \(-1\lt r\lt 1\), on a \(\lim_{n\rightarrow
\infty} S_n=\frac{1}{1-r}\), et si \(r\leqslant -1\), \(S_n\) n'a pas de limite.
On voit donc que pour \(|r|\lt 1\), la somme infinie \(1+r+r^2+r^3+\cdots\)
converge.
La suite \((S_n)\) au-dessus est appelée la suite des sommes partielles.
Attention: une somme infinie n'a de sens que si elle converge.
Exemples:
Exemple:
Les séries géométriques sont utiles dans plein de contextes. Voici un exemple
géométrique: le flocon de von Koch.
On construit les formes géométriques suivantes par récurrence, en commençant par
un triangle équilatéral \(F_0\), d'aire \(1\). À chaque étape, on ''colle'' des
petits triangles équilatéraux au milieu de chaque côté de la forme précédente
(la longueur des côtés d'un petit triangle est un tiers de la longueur du côté à
laquelle on le colle).

Exemple: On peut montrer que tout nombre réel dont le développement décimal est périodique est un nombre rationnel, à l'aide des séries géométriques. On prend l'exemple de \(x=1.151515151515\ldots\), mais ce qu'on va dire se généralise facilement à n'importe quel nombre à développement décimal périodique. On exprime \(x\) ainsi: \[\begin{aligned} x&=1+0.15+0.0015+0.000015+0.00000015+\cdots\\ &=1+15\cdot \frac{1}{100}+15\cdot\left(\frac{1}{100}\right)^2+15\cdot\left(\frac{1}{100}\right)^3+\cdots\\ &=1+15\cdot\frac{1}{100}\left[1+\frac{1}{100}+\left(\frac{1}{100}\right)^2+\left(\frac{1}{100}\right)^3+\cdots\right]\\ &=1+15\cdot\frac{1}{100}\cdot \frac{1}{1-\frac{1}{100}}=1+\frac{15}{99}=\frac{114}{99}. \end{aligned}\] On voit donc que \(x=\frac{114}{99}\in \mathbb{Q}\).
Exemple: La série géométrique suivante est une des premières à être évaluée dans l'histoire des mathématiques, par Archimède.
